Sélection : L’adolescence en littérature


Date de parution : 23/05/2002

Format : Broché

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5,30 EUR

L'attrape-coeurs

Auteur : Jerome David Salinger
Edition : Pocket
Collection : Pocket

Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'œuvre, "L'attrape-cœurs", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu. "Par la densité et l'originalité de sa substance psychologique, par la prodigieuse sûreté de sa facture, sa virtuosité, cet ouvrage m'avait donné l'impression de quelque chose d'exceptionnel - et aussi de durable, d'incorruptible." Jean-Louis Curtis

 

Coups de coeur Millepages Librairie

Citations :

[…] Elle a levé les yeux et elle a eu comme un sourire. Elle avait un sourire extra. Sans blague. La plupart des gens ont à peine un sourire, ou bien c'est un sourire dégueu. « Mon mari et moi, nous ne sommes pas sans inquiétude au sujet d'Ernest. Nous avons l'impression qu'il n'est pas très sociable.

Pas sociable ? Comment ça ?

Eh bien... C'est un garçon très sensible. Il a toujours eu du mal à se faire des amis. Peut-être prend-il les choses trop au sérieux pour son âge. »

Sensible. Ça m'a tué. Ce type, Morrow, il est a peu près aussi sensible qu'une lunette de WC.

Je l'ai bien regardée. Elle avait pas l'air d'une personne très capable de se faire une idée claire du genre de petit con qu'elle a pour fils. Mais on peut jamais dire avec les mères. Elles sont toutes légèrement fêlées. En tout cas celle-là me plaisait. La mère du gars Morrow. Elle était très chouette. Je lui ai demandé « Puis-je vous offrir une cigarette ' ».

Elle a jeté un coup d’œil autour d'elle. « Je ne crois pas, Rudolf, que ce compartiment soit pour fumeurs. » Rudolf. Ça m'a tué.

« Aucune importance » j'ai dit. « On peut toujours fumer jusqu'à ce que quelqu'un râle. » Elle a accepté la cigarette et je lui ai donné du feu. […]

 

 

[…] Les filles, on sait jamais ce qu'elles vont penser. Une fois j'ai arrangé un rancard entre la copine de chambre de Robert Walsh et un de mes amis. Mon ami s'appelait Bob Robinson et lui, le complexe d'infériorité, c'était pas de la rigolade. Il avait honte de ses parents et tout parce qu'ils se mélangeaient dans les temps des verbes et qu'ils roulaient pas sur l'or. Mais c'était pas un salaud. C'était un très brave type. Pourtant la copine de chambre de Roberta Walsh, elle l'a pas aimé du tout. Elle a dit à Roberta qu'elle le trouvait trop prétentieux – et ça pour la seule raison qu'il lui a raconté que dans sa classe c'était lui qui était responsable du groupe de « débats ». Cette petite chose de rien du tout et elle le trouvait prétentieux. L'ennui avec les filles c'est que si un garçon leur plaît il peut être le plus horrible des salauds elles trouveront qu'il a un complexe d'infériorité et s'il leur plaît pas, il aura beau être un brave type et avoir un énorme complexe elle diront qu'il est prétentieux. Mêmes les filles intelligentes sont comme ça. […]

 

 

[…] Il s'est encore concentré. Puis il a dit « Cet échec vers lequel tu cours, c'est un genre d'échec particulier – et horrible. L'homme qui tombe, rien ne lui permet de sentir qu'il touche le fond. Il tombe et il ne cesse pas de tomber. C'est ce qui arrive aux hommes qui, à un moment ou à un autre durant leur vie, étaient à la recherche de quelque chose que leur environnement ne pouvait leur procurer. Du moins voilà ce qu'ils pensaient. Alors ils ont abandonné leurs recherches. Avant même d'avoir commencé. […]

Mr Julien Morel