Le jour où Otacilio Mendes vit le soleil

de

chez Chandeigne

Paru le

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traduction du portugais (Brésil) d'Émilie Audigier


Mr Simon Serna (Librairie Le Genre Urbain)

 

 

            Sertao, région du Nordeste brésilien. Ronaldo Correia de Brito, vivifiant conteur sexagénaire, nous apprend une langue nouvelle. Aluà, Sesmaria, Umburana, Cerrado.Cerrado, ce sont ces terres du Brésil, savane « fermée », à la végétation dense et difficile, à l’image des personnages qui habitent les 11 nouvelles du brésilien.

            Une poule empêche un suicide, des amants reviennent d’exil, un hôte généreux se flagelle en pénitence, une vieille mère boit tranquille de la mort aux rats, des gitans passent, accusés de voler des femmes. La Sertao a ses règles, sa morale, ses rebondissements, que l’on ne soupçonne pas. Jusqu’à s’y être avancé trop avant, et alors la crainte mêlée au rire ne finit pas de surprendre le lecteur. Le vent aride tarit les gorges amères, à Parambu. La pisse lourde est un signe de vie chez les Mendès. Le vieux Chico et le Jaguaribe sont deux fleuves frères qui lient un saint tueur et son policier.

            Le narrateur est patient. Il se pose devant ces terres et attend la destinée de ses personnages. L’oreille proche de leurs lèvres lorsque y sont soufflées les dernières paroles. En face des corps, à coté de la mort, quand parlent la poudre et l’acier, parfois dans le dos des hommes. La râpe doucereuse du lait caillé lie les personnages de la Sertao. Leurs corps remplis de cette âcre et suave animalité se tiennent dans le monde et dans le temps. Les peaux sont marquées, les chairs gardent enfouies des souvenirs, la flamme de la lampe à kérosène ramène le souvenir de l’amour, les pierres silencieuses contiennent la peur provoquée par un escadron vengeur. Parmi les hommes, certains portent et appellent plus de sang, les gitans. Ils passent dans les terres et hante les imaginations. Leurs couteaux sont des oiseaux argentés dont on garde le bruit en soi jusqu’à sa mort.

            Ronaldo Correia de Brito nous lie au mystère de la Sertao, « l’arrière pays », où les corps offrent à lire les traces de leur passion, le remous terrible de vies passées à attendre et guetter un monde où l’amour est un danger et la mort une parente.

 

Poids : 212 g
Date de parution :
EAN : 9782915540994