Se sentir mal dans une France qui va bien

la société paradoxale

de

chez Ed. de l'Aube

Collection(s) : Monde en cours

Paru le | Broché 164 pages

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94 % des Français s'estiment heureux de vivre dans leur pays, selon un sondage de mars 2018. Mais alors, pourquoi, six mois après, 280 000 Gilets jaunes déferlent-ils dans toute la France et, des semaines durant, crient-ils leur dénuement et leurs souffrances ? Pourquoi, surtout, recueillent-ils 70 % d'adhésion de l'opinion lors de leur première manifestation ?

Comment résoudre cette contradiction entre l'importance du budget social de la nation, le sentiment immédiat de vivre heureux dans son pays et le sentiment contraire de souffrir de nombreuses carences sociales ? Ni partisan ni naïf, Hervé Le Bras propose une lecture fine de sondages et études, en compare les résultats dans différents pays européens. Partant du constat que la France est à la fois l'un des pays les plus égalitaires de l'Union européenne et l'un de ceux qui procèdent à la plus large redistribution sociale, le démographe s'interroge sur ce qui peut alors expliquer la contradiction entre l'état objectif du pays et le sentiment subjectif de ses habitants. Une lecture aussi passionnante que nécessaire.
L'auteur souligne le paradoxe en France entre une situation économique et sociale plutôt positive et supérieure à beaucoup de pays européens et le ressenti d'une majorité d'habitants qui critiquent leur Etat et réclament de nombreuses réformes pour combler les carences sociales. Il tente d'expliquer cette contradiction entre les perceptions subjectives et les statistiques objectives. ©Electre 2019

stéphane D. le 05/05/2019

Les bras m'en tombent...

La voix de son maître était, encore une fois, ce matin sur France inter. On reste encore sidéré par l'interview du prétendu spécialiste de sciences sociales Hervé Le Bras ce matin sur France inter, dont on ne sait si l’optimisme béat sur la situation actuelle relève d'une niaiserie consubstantielle ou d'un cynisme profondément chevillé au corps. Ce prétendu démographe-sociologue-historien-économiste-statisticien (peut-être aussi astrologue à la Sorbonne à ses moments perdus?) nous laisse entendre benoîtement que les Français sont irrationnellement pessimistes à titre individuel, alors qu'objectivement la situation française est bien meilleure qu'auparavant et bien meilleure que dans les autres pays. Ils s'agit donc de les raisonner car ils pensent mal. Car "Tout va bien, Madame la marquise...." Puisque ce bon Docteur Pangloss des sciences sociales se permet d'écraser les auditeurs du haut de sa condescendante arrogance au nom de sa prétendu connaissance scientifique, voici des chiffres d'une autre teneur: Selon les calculs de Thomas Piketty, les inégalités dans la répartition des richesses en France se sont considérablement accrues depuis 1982 (date de la mise en place de la politique économique dite "de rigueur" afin de construire l'euro): en 2014, les 10% des français les plus riches captaient 35% de la richesse nationale (contre 30,3% seulement de celle-ci en 1982). Si l'on réduit la focale, en 2013, le 1% des Français les plus aisés percevaient 12,2% de la richesse nationale (contre seulement 7,9 % de celle-ci en 1982). A vrai dire, il est incroyable qu'Hervé Le Bras n'ait visiblement pas connaissance de ces chiffres qui ont été largement versés au débat public depuis la publication en 2013 du livre de synthèse de Thomas Piketty, qui s'est, quand même, vendu à 2,5 millions d'exemplaires dans le monde.... Mieux, une étude récente de l'OFCE a montré que le pouvoir d’achat des ménages français a subi une baisse de 440 euros entre 2008 et 2016. Plus précisément, le 4ème décile des Français (i.e. ceux qui perçoivent les 10% de revenus compris entre la 3ème et 4ème tranche dans une répartition de l'ensemble des revenus en 10 tranches) a subi une baisse de son pouvoir d’achat de 510 euros sur cette même période 2008-2016. Mais, en fait, Hervé Le Bras ne parle pas de statistiques: il commente des "sondages d'opinion" qui, comme leur nom l'indique, ne prétendent mesurer que des "opinions", qui n'ont pas de raison d'être a priori conformes aux réalités objectives. Rien ne nous prouve, d'ailleurs, que ces sondages qu'il invoque et qui sont visiblement pour lui la "loi et les prophètes", aient toujours une signification puisqu'il peuvent conduire à poser des questions dont la pertinence n'est pas toujours avérée, à des personnes qui n'ont pas forcément d'avis dessus. Et c'est bien là où le bas blesse: Hervé Le Bras se présente comme chercheur en science sociales mais visiblement il s'est surtout appliqué dans sa vie à faire une carrière administrativo-politique, certainement plus fructueuse... Outre son animation de séminaires à l'ENA, il s'est visiblement beaucoup plu à cachetonner dans toutes les commissions possibles et imaginables qui voulaient bien profiter de sa science (et encore, on doit en oublier, et des meilleures...): commission Attali (en compagnie d'Emmanuel Macron), commission Juppé-Schweitzer, commission Mazeaud, commission Wieviorka et même, depuis 2007, le think-tank (!) Futurescence de BNP-Paribas dont la contribution scientifique doit être, il est vrai, particulièrement gratifiante.... Encore, qu'il ignore la réalité de la souffrance sociale de notre pays -et dans son intellect et dans sa chair- est une chose (Mais, né avec une petite cuillère dorée dans la bouche au sein de la bourgeoisie "intellectuelle" parisienne -il est le fils du grand universitaire Gabriel Le Bras- devait-on s'attendre à autre chose?). Mais de là à venir nous asséner, du haut de sa pseudo-science, une logorrhée idéologique visant à faire passer la réalité est l'inverse de ce que nous vivons et voyons quotidiennement: non. Somme toute, avons-nous vraiment besoin de sociologues d'Etat (qui vivent des impôts que nous autres citoyens nous acquittons mais qui ne connaissent visiblement de la société que Saint-Germain des près et ses rues adjacentes) pour nous expliquer que la réalité que nous vivons quotidiennement n'existe pas et que ce n'est qu'un "sentiment", peut-être une fâcheuse déviance mentale, qu'ils sont chargés, pour notre plus grand bien bien évidemment, de dissiper par un savant lavage de cerveaux pol-potien, subtilement entretenu quotidiennement sur les ondes?.... Ceci dit, puisqu'Hervé Le Bras a la prétention de faire de la science sociale, bien qu'en parfait Diafoirus il semble inapte à comprendre quoique ce soit à la question des inégalités, on ne saurait trop lui conseiller de consacrer ses efforts au mouvement "Me Too", lui qui a fait l'objet d'une plainte pour harcèlement sexuel dans le carde d'un abus d'autorité professorale par une de ces étudiantes de l'EHESS. Il serait certainement plus doué pour ce genre de sujet. Plus sérieusement, depuis cinq mois que dure le mouvement des Gilets jaunes face à un pouvoir dont l'autisme commence à devenir très inquiétant, il y a eu, quand même, plusieurs morts, des mères de famille défigurées à vie, des policiers qui se suicident. Et on est tout simplement en train d'assister au basculement de notre pays dans une guerre civile, au moins larvée. Il serait peut-être temps que les décideurs, dont c'est pourtant la seule fonction et donc la seule légitimité, ainsi que leurs chiens de garde "intellectuels" commencent à faire une effort pour essayer de tenter d'envisager d'en prendre éventuellement le début d'une petite conscience. Tant qu'il y a de l'espoir, il y a de la vie.

Format : Broché
Nb de pages : 164 pages
Poids : 354 g
Dimensions : 15cm X 22cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-8159-3407-7
EAN : 9782815934077

Du même auteur : Hervé Le Bras