Dans quel régime vivons-nous ?

mercredi
05
juin
20h00

Rencontres et Débats

Lieu : 60 rue de Belleville 75020 Paris

Rencontre - débat avec Pierre Serna pour le lancement du livre : L’extrême centre ou le poison français, 1789-2019 (Champ Vallon)


Présentation de l'éditeur

Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? la question est légitime tant l’interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l’Etat d’urgence quasi permanent, tant la nouvelle assemblée ou le parti du président, avec une majorité absolue, défigure l’idée d’une démocratie représentative, parlementaire, où le pluralisme des points de vue constitue la richesse de la vie politique et le sens même du vivre ensemble républicain.
Pourtant cette situation n’est pas nouvelle dans la vie politique française dont les fondements apparaissent au moment de la Révolution française, se répétant lors de chaque crise que traverse le pays en 1793, 1800, 1815, 1830, 1851, 1871, 1886, 1940, 1958 (il faudra rajouter désormais, en les contextualisant, 2017-2019).
L’idée de cet essai est d’analyser historiquement depuis 220 ans les trois piliers de ce qui est nommé ici l’extrême centre. La matrice politique qui va de 1792 à 1815 voit les reniements succéder à un renforcement toujours plus effectif du pouvoir d’exécution au nom de la raison d’État qui se construit. Trois phénomènes permettent de distinguer des postures analogues en temps de crise et les moyens de les incarner. 1. La prépondérance du pouvoir exécutif contre le pouvoir législatif censé concentrer toutes les tares du régime parlementaire dans sa division présentée comme stérile Droite/Gauche. 2. La volonté de constituer un espace de renoncement politique, le « girouétisme » à tout va pour construire une réalité politique qui revendique hautement d’être ni de droite ni de gauche pour mieux attirer tous les opportunistes du jour dans une nouvelle carrière politique, au nom des intérêts supérieurs de la nation. 3. Enfin le troisième facteur qui caractérise l’extrême centre est paradoxalement sa volonté de conserver en toute situation une posture pondérée par ceux qui l’incarnent devant stigmatiser les extrêmes dans une caricature handicapante de leurs idées et oppositions. Au nom d’un pragmatisme qui se veut plus souple que la rigidité des principes, l’extrême centre apparaît aujourd’hui sans fard : une république absolue ou d’hyper présidence, pleinement assumée par un homme jeune qui prétend même incarner une fonction jupitérienne.