Rencontre avec Clément Bondu et Guillaume Marie [éd. La Contre allée et éd. Corti]
Ébloui par le soleil, un homme précipite sa voiture dans un ravin. Il en réchappe, fortement troublé, et se met à marcher, sans idée précise, cherchant à retrouver ses esprits. Une marche comme une longue traversée des paysages de la rive nord de la Méditerranée devenue la proie des flammes et d’un soleil de plomb.
Comme un grand animal obscur nous bascule dans un monde imaginaire et parallèle où la perception des lieux et du temps semble altérée, et où l’errance est synonyme de survie et de création.
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L’expérience de la désorientation est au cœur de La Tectonique des Halles. Qu’est-ce que se perdre, et que perd-on exactement lorsqu’on se perd dans une ville – en l’occurrence Paris – que l’on connaît, aime et sillonne quotidiennement ? En prenant pour point de départ un moment où les repères habituels semblent tout d’un coup se brouiller, Guillaume Marie interroge la nature de ce rapport à la ville, à ses rues, à sa topographie, à ses cavités et à ses habitants humains et non-humains. Dans ce récit d’une écriture sensible et épurée, il nous plonge dans une flânerie entre les rives du souvenir, explorant la manière dont nos émotions trament les espaces que nous habitons.