Fiche technique
Format : Broché
Nb de pages : 201 pages
Poids : 258 g
Dimensions : 15cm X 21cm
ISBN : 978-2-260-05671-3
EAN : 9782260056713
Les libraires en parlent
Une existence ne devrait être résumée par la mort. Une femme ne devrait être résumée par l'homme avec qui elle a partagé sa vie. Une victime ne devrait être résumée par son meurtrier. Forte de ces trois convictions, la journaliste Johanna Luyssen tisse avec tendresse le portrait d'Hélène Rytmann, la femme que le philosophe Louis Althusser a épousé puis assassiné. Grâce aux archives du couple et à de nombreux témoignages, elle retrace l'existence de cette femme qui - résistante, juive, communiste - incarnait à elle-seule le XXème siècle. Un récit percutant qui participe au combat contre l’invisibilisation des femmes et des victimes de féminicide.
Quatrième de couverture
« J'ai mis des années avant d'oser écrire sur Hélène. Elle n'était pas que l'étranglée de la rue d'Ulm. Elle était un mystère, une femme aux multiples identités, une personnalité opaque, hermétique aux récits. Le meurtrier possède sa biographie en plusieurs tomes, des rayonnages entiers, des archives dédiées. On l'étudie. On le lit. Elle : rien. Il lui a écrit des Lettres à Hélène, des centaines de pages. Des mots publiés, sans ses réponses, à elle.
Si cette femme est un mystère, si j'en sais si peu sur elle, que faire ? Lorsque l'on n'est ni historienne ni biographe, quel intérêt d'écrire sur une autre personne ? J'ai fini par répondre à cette question, parce que chaque femme a droit à la parole.
J'ai longtemps tâtonné avant de la nommer. On l'appelle Althusser, Rytmann, Legotien. Comment choisir ? Un jour, pourtant, j'ai réussi à l'appeler Hélène. C'est drôle parce que chez les féministes, on se méfie des personnes qui appellent les femmes par leur prénom. Mais les choses se meuvent dans la vie et il m'a semblé que ce prénom disait tout d'elle, et la poésie et la mer, et la force et le langage. Il m'a semblé que le prénom Hélène la révélait davantage que ses patronymes changeants, ses noms de code et d'épouse. Il racontait aussi sans doute la tragédie qui l'attendait. »