Fiche technique
Format : Broché
Nb de pages : 342 pages
Poids : 336 g
Dimensions : 14cm X 22cm
ISBN : 978-2-348-07734-0
EAN : 9782348077340
Les oubliés de la Saint-Valentin
des vies à l'ombre du mariage
Les libraires en parlent
De la fin du XIXe au courant XXe, les célibataires sont une catégorie à part dans la société états-unienne : pathologisé·es, discriminé·es, méprisés, iels sont considéré·es comme des citoyen·nes de seconde zone, destinés à se placer au service des autres. Pour autant, à travers l'analyse de leurs archives personnelles, Romain Huret dévoile des réalités variées, et des parcours loin d'être aussi misérables et solitaires que ce que leurs concitoyen·nes marié·es semblent croire. Si les victoires juridiques acquises au cours du XXe siècle marquent le changement de statut des célibataires, leur position aujourd'hui encore reste un sujet de société.
Fruit de 15 ans de recherche, cette enquête historique singulière nous fait découvrir les trajectoires intimes et romanesques d'américains et d'américaines ayant vécu aux marges du modèle familial traditionnel. Dans une société qui juge le célibat comme une déviance pathologique, ces "vieilles filles" et "vieux garçons" ont été moqués, relégués et discriminés. Pourtant ces hommes et ces femmes – paysans, soldats, poètes, intellectuels engagés, serviteurs dévoués de l'Etat fédéral – sont progressivement sortis de la marge pour incarner une Amérique moderne et émancipatrice. D'Henry David Thoreau à Rachel Carson, du New Deal aux chasses aux sorcières maccarthystes, Romain Huret déroule le fil d'expériences individuelles pour rendre hommage à un héritage collectif et revisite l'histoire sociale et culturelle des Etats-Unis.
Quatrième de couverture
Des « vieilles filles » aux « vieux garçons », les expressions ne manquent pas pour désigner les célibataires. Claude Lévi-Strauss avait souligné que, dans les sociétés traditionnelles, l'exclusion de l'échange matrimonial condamnait à des vies d'isolement. Trop occupé à éloigner son regard, le grand anthropologue ne voyait en revanche dans l'importance du célibat dans les sociétés occidentales qu'un problème de « garde-robe ». Quant aux rares réflexions qui lui sont consacrées, elles se limitent généralement à envisager sa hausse comme une manifestation des solitudes contemporaines ou, à l'inverse, comme une voie d'émancipation à l'écart des sentiers battus du mariage.
En observant les vies de célibataires aux États-Unis au XXe siècle, Romain Huret montre qu'ils se sont vu attribuer une place au service des autres, de leurs parents, de la société, du capitalisme, les normes de genre assignant plus spécifiquement les femmes aux tâches de soins et les hommes aux travaux les plus physiques et précaires. Les déséquilibres psychiques qu'on leur prête entraînent un encadrement étroit de leur sexualité, notamment pour les femmes. Pour les hommes des classes populaires, les comportements à risques, la délinquance et la criminalité que la relégation sociale favorise motivent des restrictions à leur mobilité. Alors que la marginalisation des hommes annonce les données plus contemporaines sur les « morts de désespoir », le combat des femmes pour l'égalité des droits reste inachevé.
Nourri par des archives de l'intime, cet ouvrage interroge plus largement la place des célibataires dans le monde et les transformations contemporaines du couple, de la famille et de la parentalité auxquelles, sans le savoir ni toujours le vouloir, ils ont profondément contribué.