Rayon Questions sur l'école et l'éducation
Notes d'une enseignante sur le procès de l'assassinat de Samuel Paty

Fiche technique

Format : Broché
Nb de pages : 283 pages
Poids : 350 g
Dimensions : 14cm X 21cm
ISBN : 978-2-86231-660-4
EAN : 9782862316604

Notes d'une enseignante sur le procès de l'assassinat de Samuel Paty


Collection(s) | A vif
Paru le
Broché 283 pages

Quatrième de couverture

« Au début du mois de novembre 2024, j'ai décidé de suivre le procès des huit personnes accusées d'être impliquées dans l'assassinat de Samuel Paty. Le terroriste auteur de ce crime horrible et traumatisant, ainsi que cinq des accusés, étaient des jeunes hommes de l'âge de mes étudiants. C'est pour cela, en tant qu'enseignante d'abord, que je voulais comprendre. Comprendre comment on en était arrivé là, comment des garçons ayant passé plusieurs années à l'école de la République pouvaient, un jour, être mêlés à la décapitation d'un professeur.

Plus j'en apprenais, plus je comprenais, plus le gouffre de ma perplexité se creusait. Rien de ce qui est humain n'est simple. C'est de cette complexité, et de la difficulté, de la délicatesse à l'écrire, que ce livre est fait. »

« Je suis arrivée chargée de certitudes, en quête de ratification. Pourquoi et comment avaient-ils tué Samuel Paty ? Ils, les accusés, avaient tué Samuel Paty. C'était un fait, aucun doute possible. Aucun doute possible ?

Si je vais plus loin, pour être honnête, je venais peut-être aussi pour me repaître. Le mot est excessif, mais nous sommes excessivement humains. Assouvir un besoin, combler un manque. Chercher à emplir le gouffre. Aux côtés des parties civiles, dans leur sillage et leur ombre, trouver la compensation, certes dérisoire, mais nécessaire, à la mort d'un homme dont je ne partageais pas la vie intime comme ses proches, mais le métier et les valeurs. Cette indemnité que la société offre par la Justice pour tenir lieu de revanche et garder ses membres hors du cycle infernal de la violence physique. Vengeance. Oui, venger, venger l'école de la République.

Sept semaines plus tard, de cet élan premier, il ne reste rien, et le gouffre s'est creusé. »

« Chaque fois qu'une de ses réponses aux questions qu'on lui fait pourrait nuire à son père, Zaïna s'esquive en « je ne sais pas », « je ne sais plus », « je ne me souviens plus ». Le vernis se craquelle, et dessous, point son exaspération. Ce qu'elle a déjà dit maintes et maintes fois, doit-elle encore et encore le répéter ? Je me demande qui lui a soufflé l'adjectif suranné, maintes et maintes, comme une petite ivoire dans sa bouche d'adolescente. Dessous, sa révolte, ce qui est peut-être son caractère, finalement. À Me Szpiner, elle rétorque « Vous pouvez me laisser finir ? ». Il la renvoie à sa constance : « Je vois que vous n'avez pas changé depuis le tribunal pour enfant. » Le combat de deux arrogances. Le ton monte. Le président compte le vingt-huitième « je ne sais pas ». Le regard de Zaïna se tourne régulièrement vers sa gauche, où se tiennent ses avocats. Ils ont eu l'autorisation de l'assister. Ceux des parties civiles s'insurgent des signes de marionnettistes qu'ils adressent à Zaïna. À la question suivante, on ne sait pas si elle n'ose plus l'amnésie ou si elle n'a plus reçu les indications nécessaires. »

Biographie

Eloïse Lièvre écrit et enseigne. Elle a publié trois livres de littérature : La Biche ne se montre pas au chasseur (D'un Noir si Bleu, 2012), Les Gens heureux n'ont pas d'histoire (J. -C. Lattes, 2016), Notre dernière sauvagerie (Fayard, 2020). Depuis 2022, elle est membre de la commission de l'écrit de la Scam (Société civile des auteurs multimédia).

Avis des lecteurs

Du même auteur : Eloïse Lièvre

Le barbier de Séville

Les gens heureux n'ont pas d'histoire

La biche ne se montre pas au chasseur

Les liaisons dangereuses, Pierre Choderlos de Laclos

Grris : huile sur toile : entretien avec Eloïse Lièvre

Les fausses confidences : bac 2021

Gil Blas de Lesage, livres I-VI

L'ingénu

Essai sur le goût