Fiche technique
Format : Broché
Nb de pages : 137 pages
Poids : 300 g
Dimensions : 15cm X 22cm
ISBN : 978-2-85035-222-5
EAN : 9782850352225
Quatrième de couverture
Un homme chemine vers sa vieille amie à travers une ville venteuse qui ne cesse de grandir. Un autre recueille un inconnu chez lui et s'acharne à vouloir le soigner. Un bienfaiteur se dépouille de tout pour soulager un malheureux ou assouvir ses propres appétits. Une machine apparaît sur la place centrale d'une ville pour la libérer de ses morts. Deux cadavres soudés par la nuque sont retrouvés dans une forêt. Un homme en phagocyte un autre encore avant d'être à son tour phagocyté par lui. Un enfant regarde son père rentrer d'une partie de chasse à l'homme. Une tribu de cannibales écoeurée par ses propres moeurs fait face à son destin.
Huit histoires où sévissent des faims dévorantes, impuissantes à se rassasier de nourritures réelles ou immatérielles. Huit histoires somnambuliques où la substance même de la vie se retourne contre elle. Huit histoires glaçantes et grotesques où l'humour, souterrain, est seul salvateur.
Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous sommes cannibales. Pas par entière nécessité non plus, c'est vrai. La terre chez nous est bonne, les nourritures abondent, les fruits nous tombent dans la main, le gibier gratte à notre porte, et chaque fois qu'on mord à ces dons de la terre qui sont voués à rester pour nous de simples à-côtés, on se prend à rêver d'une vie nourrie d'eux et d'eux seuls, sans chair humaine - ce rêve redouble leur saveur. Mais il est suivi de près par le remords et la nausée. Car la coutume veut que nous mangions des hommes et, à la longue, nos corps aussi le veulent, ils ne veulent plus rien d'autre. Certains s'essaient parfois à faire des marges du régime son centre, à faire des accompagnements un plat de résistance : ils ne tiennent pas longtemps, tous tombent malades et dépérissent, il faut alors les gaver de cette viande qu'ils abominent, et les plus obstinés meurent de faim sourire aux lèvres, heureux d'être enfin quittes des servitudes de l'anthropophagie. Charge aux autres, ensuite, charge à nous, la tribu, de nous débarrasser de leur peu appétissante dépouille. C'est ainsi, plus de retour en arrière. Cette nourriture nous écoeure et toute autre nous tue. (« L'endos »)