Fiche technique
Format : Broché
Nb de pages : 223 pages
Poids : 248 g
Dimensions : 14cm X 19cm
ISBN : 978-2-84805-570-1
EAN : 9782848055701
Les libraires en parlent
La mémoire de l'esclavage à travers trois voix, trois générations de femmes, depuis celle qui l'a vécu jusqu'à celle qui en porte la mémoire. La superbe langue poétique et politique de Yanick Lahens est un régal.
Entre Haïti et la Nouvelle-Orléans, tout au long d'un tumultueux XIXème siècle, deux femmes tracent leur trajectoire avec force et douceur, courage et dignité. Dans ces lieux marqués par la colonisation et l'esclavage, Elizabeth et Régina assurent leur indépendance grâce à leur détermination et leur insoumission tranquille, figures touchantes d'un féminisme lumineux. La plume de Yanick Lahens est suave et imagée, empreinte de la grâce et de la poésie des grands écrivains d'outre-mer, et brosse avec une extrême finesse le portrait de ces deux personnages merveilleux.
Quatrième de couverture
Passagères de nuit. Toujours avancer sans se retourner, c'est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché au chaos de son quotidien à Port-au-Prince.
Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n'a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d'un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d'Haïti au début du siècle dans le sillage du maître qui l'avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n'a plus jamais accepté de se soumettre au désir d'un homme. Confiante dans la force qu'elle a tôt transmise à sa petite-fille en l'invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n'hésite pas à couvrir sa fuite : Elizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d'un homme qui traverse la ville en libérateur.
En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C'est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d'émancipation.
Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l'autre « une semblable, une soeur échappée à la rudesse des conventions », la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l'histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance.