Fiche technique
Format : Broché
Nb de pages : 322 pages
Poids : 360 g
Dimensions : 14cm X 23cm
ISBN : 978-2-02-121995-1
EAN : 9782021219951
Poèmes de Czernowitz (1938-1945)
Les libraires en parlent
Les poèmes de jeunesse de Paul Celan, écrits pour partie dans les camps de travail et pour l'autre à Cernauti – sa ville natale dont la prononciation de Czernowitz n'est pas sans rappeler celle, lourde et terrible, d'Auschwitz – portent déjà en eux les cendres et la neige, le silence et la solitude, l'amertume et la fragilité qui caractérisera son œuvre future, tout entière hantée par le drame de l'Holocauste.
Traduits et présentés par l'éminent germaniste Jean-Pierre Lefebvre, ces poèmes sur lesquels plane le pressentiment du drame, montrent qu'à peine âgé d'une vingtaine d'années, Paul Celan s'imposait déjà comme le plus grand poète de langue allemande de la seconde moitié du XXe siècle.
Quatrième de couverture
Poèmes de Czernowitz
1938-1945
Paul Celan naît en 1920 à Cernăuți, dans une famille juive germanophone. Cette ville, longtemps autrichienne, est alors roumaine avant de devenir un temps soviétique. Elle est aujourd'hui rattachée à l'Ukraine. C'est là que Celan compose ses premiers vers, ces Poèmes de Czernowitz, du « nom de cette ville dans une graphie, sinon une prononciation, qui n'existe plus administrativement, mais dont la mémoire a persisté jusqu'à aujourd'hui grâce à l'oeuvre poétique de Paul Celan, et à la présence de la ville à l'épicentre du paradigme historique qui rime avec ce nom et déterminera ses oeuvres jusqu'à sa mort à Paris en 1970 : Auschwitz », comme l'écrit Jean-Pierre Lefebvre dans la préface de ce livre, inédit en français.
Beaucoup de ces poèmes de jeunesse sont écrits par Celan alors que le jeune homme est dans un camp de travail obligatoire, tandis que ses parents sont déportés et meurent dans un camp nazi de Transnistrie. Ils sont adressés à son amie Ruth Kraft. Dans un lyrisme amoureux, parfois érotique, qui se détache peu à peu de la tradition, ils composent un monde végétal qui met l'angoisse à distance, construisent une forme de contre-réalité, produisent de plus en plus consciemment une « contre-langue », un « autre côté » de la langue allemande.
Tout Celan perce dans ces textes exceptionnels, toujours plus empreints de leur contexte historique et biographique : comme celui du pavot, comme la neige d'Ukraine, le coeur du poète est « noirci par la mélancolie », mais la fleur est mémoire. Bientôt la Fugue de mort commencera son travail.