Fiche technique
Format : Broché
Nb de pages : 167 pages
Poids : 230 g
Dimensions : 16cm X 24cm
ISBN : 978-2-8111-0123-7
EAN : 9782811101237
Quatrième de couverture
Dans l'usage qu'en font les développeurs - États, institutions internationales ou organisations non gouvernementales -, la santé est un secteur de l'activité économique et constitue donc un lieu d'intervention des pouvoirs publics, qui, à travers leurs choix en matière de santé mais aussi de solidarité, exercent un contrôle politique sur les populations. En même temps, aux yeux des sociologues et des anthropologues, la santé est le révélateur d'enjeux sociaux où se dessinent des rapports de pouvoir, des processus de différenciation, mais également des formes d'entraide par lesquelles la société civile gère les inégalités de santé. C'est le double point de vue adopté dans ce dossier : la santé comme objet de politiques d'un côté, la santé comme objet politique de l'autre.
Qui fait, ou défait, les politiques de santé en Afrique : les pays occidentaux, les agences internationales, les organisations non gouvernementales, les États africains ? La question apparaît en filigrane dans la plupart des textes, qu'ils traitent de choix budgétaires nationaux, de soins de santé primaires, de politique du médicament ou d'aide humanitaire d'urgence : l'analyse des décisions et des options en matière de santé ne peut se faire qu'à la lumière des rapports de forces économiques et idéologiques entre les différents partenaires.
Et comment la santé devient-elle un objet politique - investi de diverses manières par les malades, les thérapeutes, les responsables ? Telle est l'autre question posée à propos de la revalorisation des médecines traditionnelles, de l'impact épidémiologique des choix de systèmes agraires, de la production de discours sur le SIDA ou des inégalités sanitaires entre le village et la ville.
Finalement, les points de vue se rejoignent dans le constat que la santé est, pour l'utilisateur comme pour le professionnel ou le décideur, un enjeu politique quotidien et que les problèmes sanitaires actuels ne sauraient recevoir des solutions purement techniques, car ils sont toujours en dernière analyse des problèmes politiques. Ce constat ne vaut-il pas, au-delà des faits de santé, pour l'ensemble des questions de développement ?