Radiations et révolution : capitalisme apocalyptique et luttes pour la vie au Japon

Fiche technique

Format : Broché
Nb de pages : 259 pages
Poids : 317 g
Dimensions : 13cm X 22cm
Date de parution :
ISBN : 979-10-97088-32-3
EAN : 9791097088323

Radiations et révolution

capitalisme apocalyptique et luttes pour la vie au Japon

de

chez Editions Divergences

Paru le | Broché 259 pages

Public motivé

18.00 Disponible - sous 3 à 6 jours ouvrés
Ajouter au panier

traduit de l'anglais par Philippe Blouin | préface par Franco Bifo Berardi


Les libraires en parlent

Adrien Tournier (LIBRAIRIE L'ATELIER)

Radiation et révolution : Capitalisme apocalyptique et luttes pour la vie au Japon


« Après l’événement Fukushima, nous sommes obligés de reconnaître que, quelle que soit l’action que nous pouvons entreprendre en tant que mouvement, institution, en tant que pouvoir politique ou économique, nous serons obligés en tout cas de vivre en présence de radiations inépuisables, de différentes intensités, qui proviennent des déchets accumulés et qui déterminent des effets imprévisibles dans l’espace et dans le temps » (extrait de la préface rédigée par Franco « Bifo » Berardi


Dix années se sont écoulées depuis la catastrophe de Fukushima, dix ans que cette catastrophe continue et que les catastrophes s’enchainent. Sabu Kohso réinscrit avec force l’accident nucléaire de Fukushima dans un flux continu de désastres et réaffirme la trajectoire apocalyptique du capitalisme actuel. « Les pires scénarios apocalyptiques ne se sont pas réalisés, mais le désastre se poursuit à ce jour ».  La production d’une ignorance massive sur impact de ce désastre et de ses suites continue d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui, alors qu’un rapport d’experts affirment que finalement il ne faudrait s’inquiéter de rien, tout va bien.
 
Le livre de Sabu Kohso (déjà auteur d’un ouvrage collectif consacré à « Fukushima et ses invisibles ») défend un parti pris radicalement inverse, en solidarité avec toutes les vies-en-lutte au Japon depuis la catastrophe et contre tout déni du désastre encore en cours. Vies-en-lutte, Sabu fabrique cette expression pour indiquer combien la lutte politique déborde tous les champs.

« Les vies-en-lutte de cette foule radioactive engagent tous les territoires existentiels : le corps/esprit, les relations sociales et l’environnement ». Le livre retrace toutes les résistances qui ont suivi la catastrophe, et les différentes façons dont des résistances populaires, des collectifs, des pratiques de mesures des radiations se sont saisies de la situation, ont essayé d’être en prise avec le désastre et de refuser le déni gouvernemental et mondial qui a cherché à s’imposer dès les premières semaines après l’accident. Alors comme aujourd’hui, ils prétendent que le problème a été géré, a trouvé sa solution de lui-même, il suffit de faire et refaire des rapports affirmant que la situation est sous contrôle.

Pourtant :


« Dans l’histoire des catastrophes nucléaires, Fukushima se distingue parce que son démantèlement est hors de portée de tout pouvoir, savoir ou technologie existant. C’est une catastrophe éternisée. Elle témoigne de la tendance irréversible des appareils humains à aliéner le corps planétaire, à déclencher toujours plus d’incidents dont les impacts affectent toutes les activités vitales, alors que lentement et imperceptiblement, le flux invisible des radionucléides ne cesse de se fondre dans notre environnement. En réponse à cette invasion invisible, un nouveau régime de gestion de crise a été mis en place, qui prend la population en otage. Au lieu de neutraliser les émissions de matière radioactive, il l’administre. (...) »
 


Le livre prend très au sérieux la catastrophe de Fukushima et revisite à partir de là l’ensemble des questions politiques, écologiques et existentielles de notre époque. Il pose « la question des contextes qui ont rendu la catastrophe possible, c’est-à-dire sur ce qu’elle a dévoilé : aussi bien le rôle de l’énergie nucléaire dans la formation du régime japonais d’après-guerre et de l’ordre mondial capitaliste, que l’horizon des vies et des luttes qui s’y opposent ».

Sabu Kohso le rappelle, deux questions très proches ont rapidement surgi après Fukushima. Rétrospectivement d’abord, comment un pays frappé par deux fois par la bombe atomique a pu choisir d’installer des centrales nucléaires « civiles » sur tout son territoire ?  Au présent ensuite, pourquoi le peuple japonais ne s’est-il pas plus soulevé en 2011 contre le nucléaire puis sa relance dans les années qui ont suivi ?  Posées ainsi, elles peuvent conduire à redoubler la sensation d’impuissance et d’absence totale de possibilité d’agir sur le cours des choses.

Contre cela, le livre explore les tensions historiques propres à l’histoire du monde et du Japon qui ont conduit à la construction de centrales nucléaires, il fait l’histoire d’un nationalisme catastrophique et en restitue les tensions, les enjeux, les façons dont une trajectoire industrielle s’est imposée politiquement contre des résistances nombreuses. L’histoire nucléaire du Japon redevient une histoire complexe, traversée d’affrontements et de guerres encore en cours, chaque moment laissant apparaître les questions politiques urgentes pour présentement renforcer les possibilités de refus du nucléaire et du nationalisme dont il dépend. « Oublier la nation exige avant toute chose de réapprendre comment aider la Terre, ses habitants, son histoire et sa culture, autant de singularités terrestres d’une Terre sans maître ».

« Il ne s’agit plus seulement de savoir Que faire ? mais aussi Comment vivre ? », et alors que la pandémie pose à nouveau ces questions, le livre de Sabu Kohso est d’une importance cruciale.

« L’avenir que nous voulons réaliser est indéterminé, c’en est un que nous pouvons créer ».

--

Plusieurs interventions de Sabu Kohso peuvent être consultées sur le site lundi.am, ainsi que d'autres textes sur la catastrophe, notamment extraits de "Fukushima et ses invisibles": https://lundi.am/Il-y-a-10-ans-Fukushima

Quatrième de couverture

Des villages côtiers emportés par un tsunami, des réacteurs qui crachent des champignons atomiques, des populations déplacées par milliers, un quotidien hanté par la peur du becquerel : voilà ce que fut le désastre nucléaire de Fukushima au Japon. Radiations et révolution s’intéresse à la portée à la fois nationale, géopolitique et historique de cet événement. Pour Sabu Kohso, la catastrophe est à replacer dans le contexte d’un conflit entre la marche destructrice de l’économie mondiale, et les forces humaines et terrestres qui tentent de survivre et vivre. L’écrivain japonais réussit le tour de force de porter les mémoires de ces « vies-en-lutte », tout en retraçant les dynamiques politiques qui ont lié le destin du pays à l’énergie atomique dans les années d’après-guerre. Selon lui, l’Anthropocène est l’âge de la radiation : radiations nucléaires et irradiation des luttes. Un âge où il ne s’agit plus seulement de savoir Que faire ? mais aussi Comment vivre ? .