Fiche technique
Format : Broché
Nb de pages : 361 pages
Poids : 367 g
Dimensions : 15cm X 21cm
ISBN : 978-2-348-08406-5
EAN : 9782348084065
Sortir de la maison hantée
comment l'hystérie continue d'enfermer les femmes
Les libraires en parlent
En retraçant l'histoire de l'hystérie, de l'utérus vagabond de Platon aux hystériques de Charcot à la Salpétrière au XIXe, Pauline Chanu montre la manière dont la médecine peut être utilisée comme outil de contrôle du corps féminin. A travers des témoignages qui émaillent l'ouvrage, elle montre comment la simple évocation de ce diagnostic (officiellement disparu) contribue, aujourd'hui encore, à dénigrer les souffrances physiques et psychologiques des femmes.
Un texte absolument passionnant, qui nous rappelle aussi bien le chemin parcouru que sa fragilité et la persistance du contrôle sociétal et patriarcal sur le corps des femmes.
Il était nécessaire de remonter le fil de l'histoire pour comprendre comment l'hystérie continue de participer à la silenciation des femmes. Pauline Chanu nous invite à reconsidérer de manière individuelle et collective les présumées folles, jusque dans nos familles... un peu à la manière d'Adèle Yon finalement.
Quatrième de couverture
Sortir de la maison hantée
« Comme si avant la folie d'une femme, il n'y avait pas la violence d'un père, d'un mari ou d'un médecin. »
L'hystérie n'est-elle qu'une fiction du passé ? On l'associe généralement à un diagnostic obsolète, né de l'esprit d'hommes de la fin du XIXe siècle et resté figé dans les mémoires par les photographies de femmes en train de faire l'arc de cercle, pieds et mains au sol, les yeux révulsés. Supprimée des classifications psychiatriques, l'hystérie est supposée avoir aussi disparu du vocabulaire juridique. Le terme peut même nous faire sourire tant son caractère misogyne relève aujourd'hui de l'évidence.
Et pourtant, l'hystérie continue de nous hanter. Elle est toujours présente dans les cabinets des médecins, les couloirs des hôpitaux psychiatriques, au sein des cours de justice, des commissariats de police, dans nos familles et nos imaginaires. Si ce signifiant flottant se terre parfois sous d'autres noms, il s'agit toujours de faire des femmes des folles pour cacher les violences dont elles sont réellement victimes.
Car l'hystérie ne tombe pas du ciel : pour qu'il y ait « hystérisation », il faut d'abord des « hystériseurs ».
À partir de rencontres avec des femmes psychiatrisées, d'affaires contemporaines, d'entretiens avec des historien·nes, des avocat·es, des médecins, d'archives d'hôpitaux, de témoignages laissés par des autrices internées, Pauline Chanu exhume la voix des femmes enfouies sous les diagnostics et nous invite à laisser parler les fantômes. Celles-ci nous montrent la porte de sortie de la maison hantée.