Rencontre croisée : Juan Sebastian Carbonell, pour "Un taylorisme augmenté" [Amsterdam éditions] & Clément Carbonnier, pour "Toujours moins!" [éditions La Découverte]
Derrière des apparences désordonnées, les politiques économiques françaises présentent une étonnante stabilité : elles cherchent à inciter les employeurs à créer des emplois en abaissant le coût du travail, en particulier pour les travailleurs peu qualifiés. Si l'argument semble évident, il ne va pourtant pas de soi. C'est ce que montre l'économiste Clément Carbonnier dans cette étude pionnière, qui examine de manière systématique les présupposés de cette stratégie et analyse les grandes étapes de son déploiement depuis les années 1980.
Au lieu de se laisser aveugler par l’apparente nouveauté de l’intelligence artificielle, il faut la replacer dans l’histoire longue de l’organisation du travail. Le déploiement du management algorithmique a pour principal but d’accentuer le contrôle de la main-d’œuvre, et sa déqualification. Résister à l’emprise des machines, comme l’ont fait les luddites il y a deux siècles, ce n’est donc pas rejeter le progrès mais s’attaquer aux intérêts du patronat.