Caravage : la peinture en ses miroirs

Fiche technique

Format : Relié sous étui
Nb de pages : 383 pages
Poids : 4034 g
Dimensions : 29cm X 34cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-85088-641-6
EAN : 9782850886416

Caravage

la peinture en ses miroirs

de

chez Citadelles & Mazenod

Collection(s) : Les phares

Paru le | Relié sous étui 383 pages

Tout public

189.00 Indisponible

Quatrième de couverture

Michelangelo Merisi, dit Caravage, né en 1571, est une figure incontournable de l'histoire de l'art et un précurseur de la modernité. Ce peintre lombard dont le réalisme fit dire à Poussin qu'il était venu pour « détruire la peinture » est lié à un tournant stylistique décisif, voire révolutionnaire, entre le XVIe et le XVIIe siècle. Admiré pour sa fidélité au réel, ainsi que pour l'intensité inédite de sa lumière déployée, l'artiste a subtilement réfléchi au dispositif interne du tableau et à ses stratégies d'adresse au spectateur. Ce livre explore la révolution caravagesque à partir d'un regard rapproché, à travers tous les « miroirs » auxquels ce peintre extraordinaire nous confronte encore aujourd'hui. Si le miroir est l'objet de réflexion matériellement utilisé dans ses premiers autoportraits, Caravage développe tout au long de sa carrière un travail sur des formes diverses de réflexivité. Limage de soi devient ainsi un lieu d'expérimentation qui fait de l'autre un miroir révélateur : le déguisement mythologique (de Bacchus à Narcisse, en passant par Méduse), l'alterné culturelle ou le contraste des genres sont autant d'expressions de cette recherche. Limage même du Christ se fait miroir, appelant ainsi le dévot à s'y « conformer », tel que l'écrit saint Paul. Le principe de réflexion, ainsi que les dédoublements, pliures et ouvertures qui lui sont liés, est également un modèle idéal dans la structure de l'oeuvre de Caravage. Ses compositions à plusieurs figures sont autant de lieux où la peinture réfléchit sur elle-même, sur sa narrativité interne et les temps qui la traversent. Le « réalisme chrétien » de Caravage est ainsi considéré sous une lumière nouvelle à partir d'un assemblage entre gestes du peuple et attitudes plus nobles extraites de l'iconographie antique. La fidélité au réel n'est pas une simple question d'imitation mais de mémoire visuelle et de montage des temps.

Biographie

Giovanni Careri est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales où il dirige le Centre d'histoire et théorie des arts, et professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon. Professeur imité dans de nombreux centres internationaux, ses recherches portent principalement sur des objets singulièrement complexes : le « montage » des arts dans les chapelles baroques du Bernin (Envols d'amour. Le Bernin : montage des arts et dévotion baroque, Usher, 1990) ; le réseau des tableaux, pièces de théâtre et ballets qui ont repris la Jérusalem délivrée du Tasse (Geste d'amour et de guerre. La Jérusalem délivrée, images et affects [XVIe-XVIIIe siècle], EHESS, 2005) ; la construction de l'histoire chrétienne dans la chapelle Sixtine (La Torpeur des Ancêtres, EHESS, 2013). Aux côtés de Bernhard Rüdiger, il mène le groupe de recherche ACTH consacré à l'art contemporain et au temps de l'histoire (Face au réel. Éthique de la forme dans l'art contemporain, Archibooks-Sautereau, 2008). Il a signé chez Citadelles et Mazenod un premier ouvrage en 2002, Baroques, qui propose un voyage historique et géographique à travers les formes de ce style grandiose.